Littérature

L’abandon de la centralité du sujet constitué
L’abandon de la centralité du sujet constitué

Donatien Grau

Une vie en philologie

Une légende ferait des philologues des figures inadaptées à notre présent : des personnes vieillies dans les manuscrits, sans contact avec le monde extérieur, débattant entre elles de telle leçon du papyrus alpha ou du codex gamma. Ces créatures seraient perdues dans les livres comme dans leur tête, et en un mot : dysfonctionnelles. Elles seraient aussi disjointes des appels du présent, derniers défenseurs d’une spécialité qui se pratiquait entre gentlemen de haute lignée à Oxford ou Cambridge, doctes professeurs allemands à...
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Domaines

 

« Avis. Pas ­d’arrière-salle ici pour les dames. »
« Avis. Pas ­d’arrière-salle ici pour les dames. »

Joseph Mitchell

Le Merveilleux saloon de McSorley

»McSorley’s occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble en briques ­rouges au 15 Seventh Street, tout près de Cooper Square, où se termine le quartier de Bowery. C’est le plus vieux saloon de New York, ouvert en 1854. En quatre-vingt-huit ans, il a eu quatre propriétaires – un immigrant irlandais et son fils, un policier à la retraite et sa fille –, et ils se sont tous opposés au moindre changement. Il a été électrifié, mais le bar est obstinément éclairé par...
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Textes recents

Joseph Mitchell

Madame, Monsieur, regardez la Danse !

Les calypsos viennent de Trinidad, une île britannique des Caraïbes proche de la côte du Venezuela qui fournit aussi au monde de l’asphalte ainsi que l’amer Angustura. Ils sont composés par des hommes hautains, amoraux qui boivent sec et qui se donnent le nom de calypsoniens. En grande majorité ce sont des Noirs. Une guitare sous le bras, ils passent leur temps dans les rhumeries et les cafés chinois de Marine Square et Frederick Street à Port-of-Spain, la ville principale de Trinidad, en quête de rumeurs autour desquelles ils pourraient construire un calypso. Nombre d’entre eux se vantent avec raison du fait que des femmes se battent pour avoir le droit de subvenir à leurs besoins. La plupart sont des vétérans des prisons de l’île. Pour se distinguer des hommes ordinaires, ils n’utilisent pas leurs noms légaux mais vivent et chantent avec des titres adoptés tels que Growler, Lord Executor,...

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